L'Odyssée
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Retour d'Ulysse à Ithaque et préparatifs de la vengeance
Chant XIII : L'arrivée à Ithaque
Le navire finit par atteindre la patrie d'Ulysse, un matin, au moment où le jour se levait. Le héros était profondément endormi. Il ne restait aux marins qu'à le déposer sur le rivage avec les présents qu'on lui avait faits. Puis ils s'en retournèrent. 
Dès que le dieu Poséidon apprit que les Phéaciens avaient aidé Ulysse, il se mit dans une colère épouvantable. Il demanda à Zeus la permission de les punir. Le navire était déjà en vue du port et le peuple s'assemblait pour faire fête aux marins. Soudain, Poséidon émergea des vagues et frappa le bateau de la paume de sa main. En un instant, le bateau tout entier, avec tous ceux qui se trouvaient dessus, fut transformé en pierre et cette pierre coula à pic pour s'en aller reposer au fond de la mer. 
Le roi Alcinoos avait tout vu, et fit entendre un long gémissement. Il venait de se souvenir d'une épouvantable prédiction qui lui avait été faite bien des années auparavant : il y était dit que Poséidon transformerait en pierre un navire Phéacien rentrant au port, et qu'il encerclerait la cité d'une chaîne de montagnes escarpées. Il rassembla immédiatement le peuple pour offrir de grands sacrifices, dans l'espoir que Poséidon les prendrait en pitié et ne les enfermerait pas au milieu des montagnes. Tous se joignirent à lui.
Chant XIV: Athéna conseille Ulysse
Pendant ce temps, Ulysse se réveillait sur l'île d'Ithaque, se levait et regardait tristement autour de lui.  Après tant d'années, il ne reconnaissait plus sa patrie. Là où se dressait une colline dénudée, des arbres avaient poussé, et là où prospéraient des buissons verdoyants, des pierres blanches luisaient dans la lumière crue du petit matin. Désespéré, Ulysse commença à pleurer et à se lamenter : il croyait qu'il se trouvait de nouveau dans quelque pays étranger, et que les Phéaciens l'avaient trompé.  Mais autour de lui étaient étalés tous les présents qu'ils lui avaient faits : les tridents, les vases, les joyaux et les magnifiques étoffes, rien ne manquait, tout était étalé sur le rivage.  
Un jeune berger qui descendait d'une colline vint à la rencontre du héros. C'était la déesse  Pallas Athéna qui avait revêtu cette apparence pour venir réconforter le malheureux. 
Ulysse se réjouit de voir un homme sur ce rivage désolé. Le gardien de troupeau était habillé comme un jeune noble : il portait aux pieds des sandales ouvragées et tenait à la main une lance. Il n'avait pas l'air hostile, aussi le héros se leva et lui demanda où il était.