Les combats reprennent : Juturne, déguisée en mortelle, se glissa parmi les Latins qui regardaient du haut des murailles de la ville. Elle les incita à continuer la lutte, et finit de les convaincre en réalisant un prodige (un aigle qui pourchassait des oiseaux fut contraint par ces derniers de prendre la fuite.). L’augure Tolumnius interpréta ceci comme un signe favorable, et envoya son javelot sur un groupe de neuf Troyens, tuant l’un d’entre eux. Ces derniers répliquèrent et attaquèrent les Latins. 
 
Ces affrontements dégénérèrent en mêlée générale, et les deux camps eurent à subir beaucoup de pertes. Latinus, désespéré en voyant la situation, décida alors de s’enfuir. Énée, quant à lui, tentait de rappeler vainement à Turnus qu’ils devaient livrer un combat singulier, quant il fut blessé par une flèche. Turnus, voyant son adversaire blessé, reprit le combat avec une grande vivacité. 
L'Enéide
Énée dut alors se retirer, et Lapyx, un Troyen spécialisé dans l’art de la médecine, entreprit de le soigner. Mais la blessure d’Énée ne guérissant pas, Aphrodite décida d’intervenir. Elle fit tremper une plante magique dans l’eau utilisée par Lapyx pour soigner Énée, qui guérit aussitôt. 
 
Enée, revigoré, décida de repartir à l’assaut des Rutules. Juturne intervint alors une nouvelle fois, prenant l’apparence de Métiscus, cocher de Turnus. Elle emmena alors Turnus loin du champ de bataille. Énée, voyant le char de son ennemi partir, évita de justesse une flèche lancée par un Latin. Ce peu de respect du pacte fit alors plonger Énée dans une colère noire, et il fit des ravages dans les rangs ennemis.
Enée blessé soigné par Lapyx
en présence de Vénus
 et d'Ascagne
Fresque de Pompéi
Musée archéologique national , Naples

     Le siège de la ville : Énée décida alors de mettre le siège devant la ville. Il annonça à ses habitants qu’ils avaient tout intérêt à se rendre s’ils ne voulaient pas voir leur ville détruite. Ces derniers, affolés, furent une nouvelle fois partagés entre les partisans de la paix et ceux de la guerre. La reine Amata, sans nouvelle de Turnus qu’elle croyait mort, se suicida de désespoir.  
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