Les auteurs grecs et romains
Euripide
Né à Salamine (Grèce) en -480 ; Mort à Pella (Grèce) en -406 
D'une origine modeste, Euripide reçoit cependant une éducation sophiste de qualité. Il commence à écrire des tragédies en -454 avec les Péliades. Bien qu'ayant un succès très modeste auprès du public, il remporte quatre fois le premier prix du concours tragique. Ses pièces revisitent les mythes avec une grande liberté de ton : Médée (-431), Alceste (-438). Considéré comme l'un des plus grands poètes tragiques de la Grèce Antique, il inspirera de nombreux dramaturges, dont Racine et Corneille.
Contrairement à Sophocle et à Eschyle, il ne participa pas aux affaires publiques, sauf à une ambassade officielle à Syracuse. Misanthrope, doté d’un caractère difficile, il vécut confiné dans une profonde solitude, écrivant, méditant et lisant beaucoup : sa bibliothèque personnelle était, dit-on, fort bien dotée et la plus belle d'Athènes.
Euripide a écrit environ 90 pièces mais seulement 19 tragédies nous sont parvenues dont Andromaque en -426, les Suppliantes en -424, Iphigénie en Tauride en -414, Electre en -413, Oreste en -408 et Iphigénie à Aulis en -406.  
C’est à quarante ans seulement qu’il obtint sa première victoire. Tout au long de sa carrière, il dut essuyer de nombreuses critiques sur ses conceptions théâtrales, en particulier celles des comiques et surtout d’Aristophane, qui ne cessa de le harceler à travers des tirades haineuses autant qu'injustes. Probablement désabusé par tant d’incompréhension, il se retira à la fin de sa vie à la cour du roi de Macédoine Archélaos, où il mourut à la suite d’un accident.
Statuette d'Euripide assis avec la liste de ses œuvres, IIe siècle, Musée du Louvre
Euripide est à l'origine d'innovations qui ont profondément influencé le théâtre, particulièrement par sa représentation des héros traditionnels et mythiques comme des personnes ordinaires faisant face à des circonstances extraordinaires.
Si on observe les pièces d'Euripide dans l'ordre chronologique, elles révèlent également une possible évolution de pensée, ce qui fournit une sorte de « biographie spirituelle », que résument ces étapes : 
Une première période de grandes tragédies (Médée, Hippolyte) ; 
Une période patriotique sur fond de guerre du Péloponnèse (Les Héraclides, Les Suppliantes) ; 
Une période médiane de désillusion sur l'absurdité de la guerre (Hécube, Les Troyennes) ; 
Une période d'évasion qui se concentre sur l'intrigue romantique (Ion, Iphigénie en Tauride, Hélène) ; 
Une période finale de désespoir tragique (Oreste, Les Phéniciennes, Les Bacchantes).